Ecole « sans frontières »

Au 59 rue de la Barre, une association de bénévoles donnent des cours tous les jours, sauf le week-end, à des jeunes mineurs isolés étrangers. Une cinquantaine de jeunes est concernée. Ils viennent majoritairement d’Afrique, plutôt de pays francophones : Mali, Guinée, Congo… Il y a également des jeunes du Bangladesh et d’Albanie.

Pour la partie qui n’a jamais été scolarisée, il y a des cours d’alphabétisation. Sinon, suite aux tests d’accueil (français et maths), 2 autres niveaux  sont proposés : niveau fin primaire/début collège et niveau collège/début lycée. Il y a aussi un cours de géographie/éducation civique, un cours de langage oral (complété par un temps de philo et de théâtre) et un cours d’anglais.

L’association recherche des bonnes volontés pour donner les cours (disponibilité à avoir par exemple : 1 à 2 fois 1h30 par semaine).

Faute de salles suffisantes pour organiser les groupes, déjà 2 déplacements en 5 ans, le projet en venant dans ces locaux est que l’association puisse constituer une structure la plus proche possible d’une école. Pour les jeunes qui participent à cette structure, ils respectent d’ailleurs un règlement intérieur. Comme beaucoup d’établissements scolaires, on y trouve les horaires, des fiches de présences, l’obligation de fermer les portables… A noter que l’équipe « suivie » par le Pasteur Christian De La Roque accueille sans distinction ces jeunes qu’ils soient catholiques, musulmans ou protestants.

Pour avoir une prise en charge du Conseil Départemental, les jeunes sont pour la plupart en attente de la confirmation de leur état de mineur et vivent « dehors » souvent. D’autres reconnus mineur, mais sans écoles attribuées, seront dirigés vers des foyers ou en famille d’accueil après un certain délai.

 

L’une des bénévoles, Thérèse Carlier témoigne en premier de la grande motivation d’apprendre. Les jeunes ont le projet de travailler surtout dans les métiers du bâtiment, de la mécanique, de la boulangerie, de la cuisine… Ils anticipent le besoin de lire, écrire et compter. Le lieu des cours est le lieu où l’avenir se prépare, le lieu où l’on pense à autre chose malgré tout !

Elle sait que ce ne sont pas les conditions idéales pour eux, elle voit leur fatigue qu’elle explique par une mauvaise alimentation, un manque de sommeil et un grand stress. Mais, pour Thérèse il n’y a pas à provoquer des confidences, cela peut venir avant de partir. C’est le moment favorable pour ces jeunes, pour être dynamisés ou mis en confiance par le cours, pour dire de la difficulté, de l’inattendu de ce qu’ils vivent qui contraste tellement avec ce qu’on leur avait fait miroiter et ce qu’ils avaient tant voulu croire !

L’ancienne institutrice est convaincue de l’importance de les accompagner vers les études. C’est là qu’ils peuvent retrouver un peu de leur dignité.

 

Si jamais vous sentez l’envie de rejoindre l’équipe de bénévoles. Thérèse vous répondra par le biais de son mail (therese.carlier@nordnet.fr)